Bibliothèque Diderot de Lyon

L’espace littéraire de Berlin-Vladivostok 2019-2020 - Séance n°3

Le journal personnel, entre vie ordinaire et témoignage de guerre
13 mars 2020
14h
Bibliothèque Diderot de Lyon
Salle de formation

Mateusz Chmurski (Sorbonne Université, EUR’ORBEM)
Michael Schwarze (Université de Constance, professeur invité au CERCC)

Organisation Hélène Martinelli (ENS de Lyon, IHRIM)

Programme de la séance :
Mateusz Chmurski, PhD (Faculté des lettres, Sorbonne Université – UMR 8224 EUR’ORBEM
Face (ou dos) à la guerre ? Journaux personnels centre-européens entre faits historiques et faits (auto)biographiques : exemples choisis (Irzykowski, Kafka, Klíma)

« 2 août 1914 : l'Allemagne vient de déclarer la guerre à la Russie. Après-midi, piscine ». Citations parmi les plus connues des journaux de Franz Kafka, cette phrase devenue presque culte incite à réfléchir cependant sur les stratégies d’écriture de soi face à la guerre dans une région que distingue, selon une autre formulation célèbre, la particularité d’être définie par le commencement des deux guerres mondiales : de Sarajevo à Danzig/Gdańsk, aux dires du sociologue juif-hongrois István Bibó. À l’occasion de l’édition complète des journaux de Kafka qui paraît enfin dans la traduction intégrale française de Robert Kahn (Caen, Nous, 2020), nous nous proposons de revenir sur trois exemples d’écriture de soi pratiquée quotidiennement face à l’Histoire, face à soi : celle de Kafka, mais aussi, par contraste et contrepoint, celles de son voisin pragois, le poète-philosophe Ladislav Klíma (1878-1928) et de l’écrivain d’expression polonaise et allemande actif à Lwów/Lemberg/Lviv, puis Cracovie et Varsovie, Karol Irzykowski (1873-1944).

Michael Schwarze (Université de Constance, professeur invité au CERCC)
Réflexions sur la psychologie textuelle dans le journal de guerre d'Ernst Jünger

Mon intervention aura comme but de présenter, dans une perspective narratologique, le journal de guerre (non remanié) d’un auteur qui a participé à la première guerre mondiale en tant qu'officier et qui a continuellement mis sur papier sa perception de l'expérience au front. Il s’agit du Kriegstagebuch d’Ernst Jünger, futur auteur du fameux Orages d’acier, publié en France avec le titre Les Carnets de guerre 1914-1918. L’analyse veut montrer comment le diariste enregistre la vie au front et elle met en évidence la valeur que, en ce qui concerne leur perception de la guerre, assument en particulier les descriptions très denses. Il est intéressant qu’on peut observer, à ce niveau, une complémentarité narrative, consistant dans le fait que le texte intègre, au mode prédominant choisi pour la représentation du front, de manière discrète, une figure de pensée apparemment contrastée. Ce processus semble dominer la psychologie du diariste et confère une complexité spécifique à la perception de la guerre chez Jünger. Pour finir, j’aimerais donner une esquisse du Journal de guerre et de prison de Carlo Emio Gadda qui peut confirmer, au niveau structural, l’analyse de Jünger.

Cette troisième séance, animée par Hélène Martinelli (ENS de Lyon, IHRIM), sera aussi l’opportunité de présenter des publications des éditions EUR’ORBEM.

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Anne Maître
Responsable des fonds slaves de la BDL
fonds-slaves-diderot[at]ens-lyon.fr
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