Bibliothèque Diderot de Lyon

Le Fonds Maklakoff

Le fonds Maklakoff est le fonds de la chaire de russe de la faculté des lettres de l'Institut catholique de Lille (1927-1964).

Georges Maklakoff (1892-1969), un émigré russe en France

Dans les années 1920, l'enseignement du russe n'existe pas encore à Lille. La ville compte dans ses murs une importante communauté d'émigrés russes.  Par ailleurs, l’ensemble de la communauté chrétienne tourne ses regards vers la Russie bolchévique. Après 1920, les relations avec l’URSS ayant été rétablies,  le monde de l’industrie française et celle du nord en particulier ont besoin d’outils linguistiques pour renouer des échanges commerciaux avec des partenaires russes. Le pape Pie XI fonde alors la chaire de langue, de littérature et d'histoire russes à l'Institut catholique de Lille. Pendant de nombreuses années, Georges Maklakoff en assure la direction et il y dispense des cours de russe.
Georges Maklakoff, ou encore Iouri Nikolaevitch Maklakov, est le fils de Nicolas Maklakoff qui fut Ministre de l'intérieur du Tsar Nicolas II, et le neveu de Basile Maklakoff, chef de l'opposition libérale de la Douma. Après 1917 Georges Maklakoff choisit l’exil, d’abord vers l’Allemagne puis vers la France, à Lille. En 1927 sa candidature comme chargé de cours à la chaire de russe des Facultés catholiques de Lille est acceptée. Dès lors il se consacre à l’organisation de l’enseignement du russe, de la conception des programmes à la création et à l’enrichissement d’une bibliothèque, à laquelle il fait don de ses propres livres. Il a également une activité de traducteur et d’auteur. Ses articles viennent nourrir la presse de l'émigration et la presse spécialisée sur le monde slave.
Sous diacre – laïc – de l’Eglise russe, Georges Maklakoff se consacre aussi, dès les années 1930, au rapprochement des Églises catholique et orthodoxe. Il entre dans l’Eglise catholique et à la demande de Pie XI, en 1934, il prend la direction de la chaire de russe de l’Institut catholique. Tout au long de sa vie active, il n’a de cesse d’enrichir la bibliothèque, grâce à de nombreux contacts auprès de chercheurs et d’éditeurs français et allemands. À la fin de sa vie il se retire à Vaucresson, où il décède en 1969. Son corps repose au cimetière russe de Sainte-Geneviève-des-Bois.

La transmission d’un patrimoine russe

La bibliothèque créée par Georges Maklakoff, riche d’environ 2000 documents, ne comporte que des ouvrages en cyrillique. Elle s’articule autour de six grandes composantes : l’histoire, les questions religieuses, le droit, la philosophie, l’étude de la langue et de la littérature, et la pédagogie. Elle est composée de monographies, de fascicules de revues, et  d’ouvrages de référence, dont la première édition de l’Encyclopédie soviétique (1926). On retrouve dans ces collections les grands domaines du fonds jésuite, avec une forte présence de la documentation sur l’histoire et sur la pensée philosophique russes, et sur les questions relatives à l’orthodoxie et au catholicisme. Ce fonds traduit également les convictions religieuses de G. Maklakoff qui rejoignent celles des pères fondateurs de la bibliothèque jésuite et qui témoignent de sa volonté de voir se réaliser l’union des églises chrétiennes.

L’émigration russe : Prague, Berlin, Paris, New-York

Le fonds Maklakoff, comme le fonds Saint-Georges, appartient à l’histoire de l’émigration russe. Son contenu est emblématique de la préoccupation majeure des émigrés de préserver et de transmettre leur langue et leurs traditions à leur descendance  et aussi de faire vivre leur culture dans leurs pays d’accueil.
La documentation offre de nombreux exemples de publications éditées entre les deux guerres dans les trois principaux centres européens de la Russie hors-frontières que furent Prague, Paris et Berlin. C’est toute la vie intellectuelle et culturelle de l’émigration russe qui se reflète dans des ouvrages publiés dans des éditions universitaires de la capitale tchécoslovaque, ou encore chez Slovo et  Gelikon en Allemagne, ou aux éditions Современные записки / Les Annales contemporaines ou La Source / Родник en France. Les récits et les témoignages sur la Russie des tsars et sur la révolution de 1917 côtoient les œuvres des  écrivains et des penseurs russes. Après la 1945, New-York devient le nouveau foyer privilégié des exilés, dont on retrouve les écrits dans les publications de la maison d’édition, Издательство имени Чехова / Izdatel’stvo imeni Cehova.

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Responsable des fonds slaves

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